Pour Noël, voici une excellente adresse à Grenoble pour faire des cadeaux équitables, modernes et raffinés : Regards d’ailleurs, place Championnet.
Cette nouvelle boutique s’engage dans un esprit de développement durable, favorisant le développement des petits producteurs, privilégiant les produits issus du commerce équitable et des produits
frais alimentaires provenant de l’agriculture raisonnée de la région Grenobloise.
La boutique elle-même a été conçue avec le souci de minimiser son empreinte écologique, notamment par l’installation d’un chauffage à granulés de
bois – une première à Grenoble ! -.
Lutte contre le
réchauffement climatique, pacte écologique, Grenelle de l’environnement, énergies renouvelables et économies d’énergie… les médias ne parlent que de développement durable ! Tant et si bien,
que nous sommes submergés, noyés sous une déferlante médiatique. Qui ne rime pas forcément avec information !!! Le bois combustible durable ou pas durable ? les bio-carburants ?
etc. J’ai lu L’année 1 de l’ère écologique d’Edgar Morin aussi bien que Ma vérité sur la planète de Claude Allègre et
ses critiques ou encore C’est vert et ça marche de Jean-Marie Pelt… autant de vérités et contrevérités...
Si cette médiatisation à outrance a permis une prise de conscience massive, elle semble aujourd'hui contreproductive. Tour à tour alarmiste, utopiste, naïve, orientée (utilisée à des fins commerciales), contradictoire... elle peut lasser, paralyser, inciter
à des actes inconsidérés... Attention à la communication ! Pour l'instant le développement durable a bonne presse, bonne image... Certains thèmes (OGM, nucléaire, éolien industriel...) sont l'objet de controverses écologie vs économie. Comme nous allons être interrogés sur ces sujets, il est important que
nous les comprenions et que nous sachions faire la part des choses entre les intérêts mercantiles, les illusions stériles et les réelles solutions pour l'avenir de la planète. Tout l'enjeu réside
dans la communication. Elle se doit d'être honnête, démonstrative et convaincante.
En juin
dernier, je me suis rendue à une conférence sur les maisons passives du Vorarlberg. J’ai surtout assisté à une illustration déplorable de communication sur le développement durable. Introduction
lamentable, présentation non préparée, diapositives à l’envers, fautes d’orthographe, visiblement manque de connaissance du logiciel de la part du présentateur… voilà pour la forme. Quant au
fond, le discours part sur une critique du modèle des constructions du Vorarlberg alors que l’organisateur de la conférence est un organisme dont la vocation est justement la promotion d’un
développement responsable dans les Alpes !!! L’orateur ne savait vraisemblablement pas à quel public il avait à faire. Etant donné la faible médiatisation de ce genre d’événement, il s’agit
d’un public averti, parfois plus pointu sur les questions techniques que l’orateur lui-même.
Conclusions
1) Appliquer les règles de base de la communication
Plus que n’importe quel sujet, le développement durable nécessite un bon ciblage. Quel est mon public ? Quel est son niveau de connaissance ? Que recherche t’il ? Qu’est ce que je
peux lui apporter ? Par quels moyens ?
Pour cela, un bref questionnaire à l’inscription doit permettre d’orienter la rencontre, sa forme (conférence, table ronde, colloque… ?), son organisation, le choix des orateurs, etc.
La préparation est bien évidemment indispensable !
2) Démontrer
Il ne s’agit plus de « discutailler entre écolos », mais bien de convaincre le plus grand nombre ! Donc : mieux médiatiser l’événement pour toucher un plus large public,
professionnaliser l’événement et sa communication, c'est-à-dire y mettre un plus de forme et de moyens (visuel, lieu, supports, orateurs…). Il serait temps d’avoir un bâtiment passif témoin à
Grenoble que pourraient utiliser tous les promoteurs des économies d’énergie pour sensibiliser le grand public.
Ah toutes ces publicités qui brandissent l’argument environnemental… et pas toujours à bon escient !
Il y a d’abord les entreprises « à risque » qui tentent de redorer leur image. Leur engagement a beau être réel, leurs publicités magnifiques, elles laissent cependant sceptique. Le
spot publicitaire de Total actuellement sur petit écran ne fera jamais oublier le métier premier de la compagnie pétrolière, le drame de l’Erika auquel son nom a été mêlé… Idem pour les
constructeurs automobiles : la voiture reste un des moyens de transport parmi les plus polluants.
Il y a ensuite les structures qui oeuvrent effectivement pour une bonne cause. Leurs publicités malheureusement s’enlisent souvent faute de trouver le bon ton.
Il y a enfin toutes les entreprises qui n’ont a priori rien à voir avec le développement durable mais qui en ont fait leur positionnement, notamment dans les services : banques, assurances,
etc.
Ajoutons les petites phrases désormais obligées par le BVP comme « l’énergie est notre avenir, économisons là » ou « bouger et manger 10 fruits ou légumes par jour »… et la
consommation responsable est définitivement de tous les spots publicitaires. Est-ce que le message passe ? Rien de moins sûr…